C’est un constat qui glace le sang, mais la vérité est là : plus ils ont de l’argent, moins ils aiment payer. On dirait que dans leur ascension, certains perdent la mémoire du ventre et le sens de la reconnaissance. Regardez bien nos quartiers : c’est le « petit » qui est généreux.
Les concierges de nos immeubles mangent chez les moins nantis, là où le cœur est encore chaud. Les riches, eux, pensent que nos mains sont trop sales pour leurs assiettes et nos bouches indignes de leurs cuillères. Pour eux, le pauvre n’est bon qu’à monter les packs d’eau ou à charger les bouteilles de gaz butane jusqu’au dernier étage.
L’autre jour, devant le JT, une amie me pointe du doigt un Ministre de notre chère République en plein discours et me dit : « Ciska, est-ce que tu sais que ce type-là me doit de l’argent ! ». Han ! J’étais stupéfait ! Elle dispensait des cours à domicile (CD) à ses enfants à une époque où elle se cherchait encore, alors que lui siégeait déjà au Gouvernement avec un portefeuille ministériel de ouf et un salaire à dix chiffres.
Montant de la dette ? 75 000 FCFA seulement. Une miette pour lui, mais une survie pour elle à cette époque-là. Et le comble du cynisme : la femme du « en haut de en haut » a osé la menacer de prison si elle s’avisait de rôder encore près de la résidence pour réclamer son dû. C’est quand même fort, non ?
Il paraît même qu’un riche footballeur professionnel, célèbre pour ses dribbles, devient subitement « infirme » quand vient l’heure de régler l’addition dans les bars huppés d’Abidjan. Il crée un cafouillage, se faufile parmi les clients pour se glisser dans sa voiture et rentrer chez lui comme si de rien n’était. On m’a soufflé son nom, mais je le garde pour moi… pour l’instant.
Que dire de la fille de « l’autre », celui-là même qui murmure à l’oreille de notre cher Président, mais qui fuit ses créanciers comme la peste ? Heureusement, comme Dieu ne dort pas, elle a fait une panne sèche en plein milieu du quartier de ceux qu’elle refusait de payer. Personne n’a bougé. La honte est gratuite, mais l’essence est payante !
Entre la noblesse du cœur et la pauvreté des portefeuilles bien remplis, moi, j’ai choisi mon camp. Et toi ? Tu peux me le dire en commentaire…
Narcis’ K, LeGrandAbidjan.com
