Le rendez-vous était tardif, nocturne, mais la Côte d’Ivoire du football ne dort jamais lorsqu’elle a rendez-vous avec l’histoire. Face à une vaillante et rugueuse équipe de l’Équateur, nos Éléphants ont brillamment dicté leur loi, transformant le rectangle vert en un théâtre de maîtrise tactique et de ferveur nationale.
Au-delà du score et de la victoire sur le papier, c’est l’esprit de corps qui a impressionné. Face au défi physique imposé par la sélection sud-américaine, le onze national a su faire preuve d’une maturité remarquable : de la solidité défensive aux transitions fulgurantes, chaque compartiment du jeu a vibré. Ce triomphe vient rappeler à qui en doutait encore que les Éléphants restent les maîtres incontestés du sursaut, du découragement qui n’est pas ivoirien, et du beau jeu.
La nuit a été courte, les célébrations intenses, et au petit matin, c’est tout un peuple qui s’est réveillé avec la fierté en bandoulière (et de grosses cernes sous les yeux). Bravo au staff technique pour les choix stratégiques payants et félicitations à nos pachydermes qui continuent de porter haut le drapeau orange, blanc et vert. La marche en avant continue !
Cependant, libérons un peu les cœurs : ces horaires de l’au-delà, ça arrange qui concrètement ? L’Ivoirien, par définition, n’est pas un supporter solitaire. Le football chez nous, ça se vit au maquis, dans le bruit, en gbonhi, devant un écran géant avec les analyses d’experts de rue.
D’ordinaire, on profite de ces matches pour « taper nos 400 coups », refaire le monde et rentrer un peu (beaucoup) tard, avec l’excuse toute trouvée de la victoire nationale. Mais là, c’était mission impossible ! À cette heure-là, le rideau est baissé.
On s’est tous retrouvés transformés en supporters clandestins, assis au salon en mode « infiltration », à regarder le match en solo et en sourdine pendant que la maisonnée dort. Célébrer un but de la Côte d’Ivoire en chuchotant un « oui ! » étouffé pour ne pas réveiller madame ou fâcher les enfants, franchement, ça enlève un goût au piment !
On a gagné, c’est doux, mais de grâce… rendez-nous nos matches de 16h pour qu’on puisse fêter ça proprement au quartier !











