Accueil Edito L’ARBITRE DE LA ROUTE A ENCORE SORTI LE CARTON NOIR

L’ARBITRE DE LA ROUTE A ENCORE SORTI LE CARTON NOIR

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Il est des matins où l’actualité ne se lit pas, elle se subit. Hier, le bitume de Bingerville a encore bu le sang de nos frères, de nos sœurs, de nos enfants. Un drame de trop, une tragédie qui vient s’ajouter à la longue et douloureuse litanie des accidents de la route en Côte d’Ivoire.

Alors que nous pleurons encore les victimes de ce énième carnage, une question lancinante revient frapper à la porte de nos consciences : jusqu’à quand ? Jusqu’à quand laisserons-nous nos routes se transformer en couloirs de la mort ?

On nous parlera, comme toujours, d’imprudence, d’excès de vitesse ou de défaillance technique. Mais derrière ces explications administratives, se cache une réalité plus profonde : celle d’une forme d’incivisme qui s’est installée dans nos habitudes. Sur nos axes, le code de la route est devenu une suggestion plutôt qu’une règle. Le port du casque est perçu comme une contrainte et la vitesse comme un droit.

Pourtant, la loi est là. La vidéo-verbalisation, les contrôles de police, la répression… L’État multiplie les dispositifs pour tenter de juguler cette hémorragie. Mais la technologie ne peut pas tout. Elle ne peut pas remplacer la responsabilité individuelle. Elle ne peut pas empêcher ce conducteur, pressé d’arriver, de tenter le dépassement risqué qui finit dans le décor.

Nous avons besoin de plus qu’une stratégie nationale de sécurité routière ; nous avons besoin d’une révolution des comportements. Il est temps que chaque usager de la route, du chauffeur de gbaka au motocycliste, comprenne que derrière chaque volant, il y a une vie, et que chaque vie est irremplaçable.

À Bingerville, hier, c’est un pan entier de familles qui a été dévasté. À ces familles, nous adressons nos condoléances les plus attristées. Mais, en leur mémoire, nous avons le devoir de ne pas nous contenter d’un énième constat.

Il faut que ce drame soit un électrochoc. Que chaque fois que nous démarrons un moteur, nous ayons cette pensée : « Arriver en vie vaut bien mieux qu’arriver vite ». Car sur la route, le seul carton rouge qui compte, ce n’est pas celui de l’arbitre, c’est celui de la vie qui s’arrête.

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