On les voit briller sous les projecteurs de la télé, on les admire pour leur prestance, leur éloquence, et ce sourire qui semble défier toutes les tempêtes. Pourtant, le passage de la lumière des plateaux télé à l’ombre de la solitude numérique est un voyage périlleux que beaucoup effectuent dans la douleur.
Ces derniers jours, les réseaux sociaux — de TikTok à Facebook — se font l’écho d’une détresse qui ne dit pas son nom, mais qui hurle son besoin d’être entendue. Une de nos consœurs, figure familière du paysage médiatique ivoirien, semble traverser l’une de ces zones de turbulences où le moral s’effrite et où l’appel à l’aide se déguise en publications inquiétantes.
En tant que journaliste ayant dirigé des rédactions comme Go Magazine ou Allo Police, j’ai souvent vu comment la vie privée des personnalités publiques est jetée en pâture. Mais au-delà des rumeurs de salons et des histoires de cœur qui alimentent les chroniques, il y a une réalité humaine : la dépression n’épargne personne, ni les icônes de la beauté, ni les stars du ballon rond, ni ceux qui les ont aimés.
Aujourd’hui, l’heure n’est plus au jugement ni aux partages moqueurs. L’heure est à la veille fraternelle. Dans notre métier, nous sommes rapides pour célébrer les succès, mais trop souvent silencieux devant les chutes.
Il est temps que nous, acteurs des médias et de la communication, apprenions à détecter ces signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des drames irréparables. La santé mentale n’est pas un luxe, c’est une urgence.
À ceux qui nous lisent sur différents supports, sachez que derrière chaque profil, chaque article, il y a une âme qui peut être à bout de souffle. Soyons les gardiens de nos confrères et consœurs. Avant de commenter, avant de juger, posons-nous une question simple : et si c’était nous ?
Pour que plus jamais le silence ou l’indifférence ne conduisent au pire.
