Ah, la Côte d’Ivoire ! Pays de la joie, de l’hospitalité, mais surtout, pays du « Pardon magique ». Depuis un moment, on assiste à un scénario plus rodé qu’un film de Nollywood.
Épisode 1 : Un(e) « influenceur(se) » ou un artiste se réveille avec une envie pressante de faire du bruit. Épisode 2 : Il allume sa caméra, lance un direct et commence à déverser des injures, à fouiller dans la vie privée des gens ou à piétiner nos valeurs. Épisode 3 : La toile s’enflamme, les vues montent, le buzz est au sommet. Épisode 4 : Le lendemain, visage délavé, sans filtre cette fois, il ou elle revient nous dire : « C’est le diable qui m’a poussé, pardonnez-moi ! »
Ce qui choque, ce n’est plus l’insulte en elle-même, c’est la banalisation du pardon. Chez nous en Afrique, et plus précisément en Côte d’Ivoire, le PARDON est une valeur sacrée. C’est l’acte qui restaure la paix, celui qui réconcilie les familles. Mais aujourd’hui, nos « stars » du clic l’ont transformé en gomme magique. On insulte consciencieusement, on salit l’honneur d’un père ou d’une mère de famille, et hop ! Une petite vidéo de deux minutes avec une voix tremblante et on pense que le compteur est remis à zéro.
C’est devenu une véritable industrie du buzz :
- Je choque (pour les vues).
- J’insulte (pour les partages).
- Je demande pardon (pour garder mes abonnés et éviter la prison).
Est-ce qu’on ne nous prendrait pas pour des idiots ? À croire que ces excuses sont budgétisées avant même que l’insulte ne sorte de leur bouche. Quand on connaît la valeur du pardon dans nos traditions, voir des gens le distribuer comme des prospectus au Carrefour de la Vie, c’est tout simplement abusé.
Le vrai pardon, c’est celui qui vient avec le repentir et, surtout, le changement de comportement. Mais quand on voit les mêmes recommencer trois jours plus tard, on comprend que le mot « Pardon » n’est plus qu’un simple bouton « Reset » pour préparer le prochain scandale.
Alors, chers « influenceurs » du dimanche, un conseil : si le diable vous pousse trop souvent, changez de chemin ou changez de diable. Car à force de crier « Pardon », vous finirez par vider ce mot de son âme. Et ce jour-là, même vos larmes en HD ne pourront plus rien pour vous.
À bon entendeur… Yako à nos valeurs !








