On nous dit que le monde a changé, que l’algorithme a remplacé la plume. Aujourd’hui, le moindre « activiste » ou « influenceur » récolte plus de clics en une vidéo qu’un dossier d’enquête minutieusement ficelé. Mais attention : on est ensemble, mais on n’est pas mélangés.
La différence ne se joue pas au nombre de followers, mais à la méthode. Là où le pseudo influenceur cherche l’émotion immédiate et le buzz facile, le journaliste professionnel s’impose la torture de la vérification. L’un fait du bruit pour exister ; l’autre travaille dans l’ombre de l’éthique pour informer.
En tant que journaliste, je vous le dis franchement : je suis écœuré. Voir la rigueur de notre métier piétinée par des amateurs qui transforment l’information en marchandise de foire est une pilule difficile à avaler.
Ne laissons pas le public prendre des vessies pour des lanternes : consommer de l’information au premier degré, c’est s’exposer à la manipulation. Malgré les turbulences qui secouent actuellement l’UNJCI, ne nous y trompons pas. Ce n’est pas une crise d’honneur, mais, comme l’a souligné le Président sortant, une nécessaire phase de maturation.
À ceux qui rêvent encore d’embrasser ce noble sacerdoce : ne désistez pas. Le peuple a soif de vérité, pas seulement de distraction. À chacun sa lucarne, mais à nous la responsabilité.













