Ah, chers politiques ! S’il y a bien un art dans lequel vous excellez par-dessus tout, c’est celui de la pirouette verbale. En politique, les promesses solennelles d’hier deviennent bien vite les lointains souvenirs d’aujourd’hui, au gré des intérêts, des calculs et du confort du pouvoir.

Souvenons-nous. Alassane Ouattara avait pourtant déclaré publiquement, les yeux dans les yeux avec la Nation, qu’il ne se présenterait plus aux élections présidentielles. On connaît la suite : il l’a fait. De l’autre côté de l’échiquier, Laurent Gbagbo avait affirmé qu’il prendrait une retraite politique bien méritée. Résultat ? Le revoilà propulsé et reconduit avec ferveur à la tête de son parti.

Dire une chose et faire son contraire. Promettre le passage de témoin et s’accrocher au gouvernail. Face à ce spectacle permanent du rétropédalage, une question cruciale s’impose : quelle leçon laissons-nous à la jeune génération ?

Quel message envoyons-nous à cette jeunesse africaine à qui l’on enseigne quotidiennement la valeur de la parole donnée, l’importance de l’intégrité et le sens du renouvellement ? En érigeant le dédit en stratégie de gouvernance, on prend le risque de nourrir le cynisme, de briser la confiance et de convaincre les dirigeants de demain que la politique n’est qu’un jeu de dupes où la parole n’engage que ceux qui y croient.

Il est temps que nos leaders comprennent que le plus grand héritage qu’ils puissent léguer, au-delà des infrastructures, reste la sacralité de leur propre signature morale.

Narcis’K